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Feux de forêt : quand évacuer n’est plus possible

Feux de forêt : quand évacuer n’est plus possible

Feux de forêt : quand évacuer n’est plus possible 1248 832 Bünkl

Les gigantesques incendies qui ont frappé la Gironde en 2022, mais aussi ceux qui ravagent régulièrement le Canada, la Californie, la Grèce ou le Portugal, ont profondément changé notre perception des feux de forêt. Longtemps considérés comme des événements localisés, ils sont désormais capables de parcourir plusieurs kilomètres en quelques heures, de générer leur propre météorologie et de menacer simultanément des centaines d’habitations. Avoir une maison isolée au cœur d’une pinède implique d’anticiper le risque d’incendie et à défaut de pouvoir protéger sons patrimoine, de pourvoir y survivre. L’évacuation reste naturellement la meilleure solution lorsqu’elle peut être réalisée suffisamment tôt. Mais les retours d’expérience montrent qu’il existe des situations où les habitants ne disposent plus du temps nécessaire pour quitter les lieux en sécurité.

Des incendies qui progressent à une vitesse impressionnante

Lors du mégafeu de Landiras, en Gironde, plus de 20800 hectares de forêt ont été détruits. Quelques jours plus tôt, l’incendie de La Teste-de-Buch avait déjà ravagé près de 7000 hectares autour de la dune du Pilat. Dans des conditions de sécheresse extrême, avec des températures supérieures à 40°C, une humidité très faible et des vents soutenus, un front de flammes peut progresser à plusieurs kilomètres par heure. Les projections de braises peuvent être transportées par le vent sur plusieurs centaines de mètres, parfois au-delà d’un kilomètre, provoquant de nouveaux départs de feu bien avant l’arrivée du front principal. Ce comportement explique pourquoi certaines habitations se retrouvent encerclées en quelques dizaines de minutes seulement. À proximité immédiate du front de flammes, la température de l’air peut dépasser plusieurs centaines de degrés. Sans même être touchés par les flammes, les occupants peuvent être exposés à un rayonnement thermique intense et à des fumées rapidement incompatibles avec la respiration.

Le véritable danger n’est pas celui auquel on pense

Contrairement à l’image que l’on se fait d’un incendie, les flammes ne sont pas toujours la première cause de décès. Les fumées contiennent un mélange de monoxyde de carbone, de dioxyde de carbone, de particules fines, d’hydrocarbures imbrûlés et de nombreux composés toxiques provenant de la combustion des végétaux, des plastiques, des isolants ou des matériaux de construction. Quelques respirations suffisent parfois à provoquer une désorientation, une perte de connaissance ou une incapacité à poursuivre une évacuation. Dans une habitation située au milieu d’une forêt, les fumées peuvent pénétrer bien avant que les flammes n’atteignent le bâtiment.

Pourquoi certaines évacuations échouent

Les témoignages recueillis lors des incendies en Gironde, au Canada ou en Californie présentent souvent les mêmes caractéristiques.

Nous pensions avoir largement le temps de partir. Dix minutes plus tard, la fumée avait complètement recouvert la route.

Les voitures étaient immobilisées pare-chocs contre pare-chocs. On ne voyait plus à dix mètres devant nous.

Quand nous sommes revenus, il ne restait plus rien de la maison.

Ces situations surviennent lorsque plusieurs facteurs se cumulent : un départ de feu à proximité des habitations, des vents changeants, un réseau routier limité, une évacuation déclenchée tardivement, une circulation saturée. Dans son guide de planification des évacuations en cas de feu de forêt (traduction française par l’IA), la FEMA insiste sur la nécessité d’identifier les routes susceptibles d’être congestionnées, les voies d’accès limitées ainsi que les secteurs où une évacuation pourrait devenir impossible selon l’évolution de l’incendie.

Quand le confinement devient la seule option

Les services de secours rappellent qu’il faut toujours évacuer dès qu’un ordre est donné. Cependant, les retours d’expérience montrent qu’il existe parfois une situation particulièrement critique : celle où il est déjà trop tard pour partir.

  • La route est coupée
  • Les flammes entourent la propriété
  • La visibilité est devenue quasi nulle
  • Sortir devient plus dangereux que rester

Dans ce cas très particulier, disposer d’un espace de confinement conçu pour résister à la chaleur et empêcher l’entrée des fumées peut offrir une protection temporaire jusqu’au passage du front de feu ou jusqu’à l’arrivée des secours.

Un simple sous-sol ne suffit pas

Beaucoup imaginent qu’il suffit de descendre à la cave. En réalité, un sous-sol classique n’est pas conçu pour protéger ses occupants contre un incendie de forêt. Les fumées peuvent s’infiltrer par les fenêtres, les conduits techniques, les réseaux d’évacuation ou une porte insuffisamment étanche. Si l’air extérieur devient irrespirable, l’atmosphère intérieure se dégrade progressivement. Un véritable pièce de confinement repose sur un principe différent : empêcher les fumées de pénétrer tout en maintenant, pendant plusieurs heures si nécessaire, une atmosphère respirable.

Transformer un sous-sol en pièce de confinement

Toutes les habitations ne permettent pas la construction d’un bunker enterré. En revanche, de nombreuses maisons disposent déjà d’un sous-sol pouvant être aménagé en espace de confinement. Selon le niveau de protection recherché, cet espace peut être équipé d’une porte étanche aux gaz et aux fumées, d’un système de filtration NRBC, de systèmes de décarbonation ou épurateur de CO2, d’une alimentation électrique autonome. L’objectif est de permettre à une famille de survivre à une situation exceptionnelle lorsque quitter les lieux n’est plus possible.

Une réflexion qui dépasse les seuls feux de forêt

Les épisodes extrêmes observés ces dernières années montrent que les incendies évoluent plus rapidement qu’auparavant et concernent désormais des zones jusque-là relativement épargnées. Pour les habitations situées en pleine pinède ou à proximité immédiate d’un massif forestier, cette évolution conduit de plus en plus de propriétaires à réfléchir à leur stratégie de protection. Le débroussaillement, l’utilisation de matériaux résistants au feu, les réserves d’eau et l’évacuation précoce restent les premières mesures de sécurité. Mais lorsqu’une évacuation devient matériellement impossible, disposer d’un espace de confinement spécialement conçu peut constituer une solution de dernier recours permettant de protéger les occupants contre les fumées, la chaleur et les gaz toxiques le temps que le front d’incendie s’éloigne.

Cette approche est d’ailleurs prise en compte par la FEMA, qui recommande aux autorités d’intégrer, dans leur planification des incendies de forêt, des solutions de “shelter-in-place” (bunker sur site) lorsque les conditions rendent une évacuation plus dangereuse que le maintien sur place.

Sources

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