Depuis plusieurs mois, un phénomène inquiétant s’installe dans le paysage français : la multiplication d’enlèvements, de tentatives de kidnapping et de séquestrations visant des détenteurs de crypto-actifs. Loin d’être des faits divers isolés, ces affaires démontrent une tendance lourde, structurée et profondément révélatrice de failles systémiques. Elles résultent d’un alignement particulièrement dangereux de facteurs judiciaires, technologiques et sociétaux.
Les chiffres donnent la mesure du problème. Selon le ministère de l’Intérieur, les atteintes aux personnes avec violence ont augmenté de près de 7% en 2023, avec une recrudescence marquée des faits liés au vol avec violences et aux séquestrations. Dans le même temps, la France figure parmi les pays européens où l’adoption des crypto-actifs est la plus dynamique : environ 5 à 6 millions de Français déclarent détenir ou avoir détenu des cryptomonnaies, d’après les estimations de l’AMF et de l’Adan.
Cette visibilité nouvelle de la “valeur dématérialisée” change profondément la nature du risque criminel. Là où les braquages visaient autrefois des lieux, ils ciblent désormais des personnes.
Un élément central alimente ce basculement : l’absence de dissuasion pénale réellement perçue. Les faits reprochés dans ces dossiers sont pourtant d’une extrême gravité : violences aggravées, séquestration, actes de torture, parfois tentatives d’homicide. Le code pénal prévoit des peines lourdes, allant jusqu’à la réclusion criminelle à perpétuité dans certains cas. Mais dans la pratique, la lenteur des procédures, la difficulté à qualifier les faits, les peines effectivement prononcées et surtout l’irrégularité de la réponse judiciaire créent un sentiment d’impunité.
Pour certains groupes criminels, le calcul est cynique : le risque encouru paraît faible au regard des montants espérés, même si l’opération échoue. Or, dans de nombreux dossiers récents, les ravisseurs n’obtiennent finalement aucun transfert de fonds. La violence devient alors un outil de pression brute, déconnecté de toute rationalité économique, ce qui augmente encore le danger pour les victimes.
Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas d’abord un problème de moyens policiers. Les services d’enquête identifient, interpellent et démantèlent régulièrement des équipes. Le cœur du sujet réside dans le cadre légal, la cohérence des sanctions et leur médiatisation. Tant qu’une crainte réelle, tangible et systématique de sanctions lourdes ne sera pas perçue, ces crimes continueront de prospérer.
À cela s’ajoute un second facteur, tout aussi déterminant : la centralisation massive des données personnelles et patrimoniales. La France, comme de nombreux États occidentaux, exige une transparence toujours plus grande sur ce que les citoyens possèdent, gagnent et font. Comptes bancaires, crypto-actifs, activités professionnelles, patrimoine, localisation : tout est déclaré, enregistré, numérisé, souvent sous couvert de lutte contre la fraude, le blanchiment ou le financement du terrorisme.
En théorie, l’objectif est légitime. En pratique, ces bases de données deviennent des points de vulnérabilité majeurs. Les exemples récents s’accumulent et dessinent un schéma récurrent. Des agents publics condamnés ou mis en cause pour avoir revendu des informations fiscales sensibles. Des fuites issues de registres administratifs ou professionnels pourtant supposés sécurisés. Des indépendants légalement enregistrés auprès de l’URSSAF ou d’autres organismes qui voient leurs données personnelles exposées. Le phénomène ne concerne d’ailleurs pas uniquement la crypto-sphère. Les détenteurs d’armes à feu parfaitement légales, pratiquant le tir sportif, ont été confrontés à des obligations de déclaration en ligne extrêmement précises : adresse personnelle, nombre d’armes détenues, lieu de stockage. Là encore, plusieurs fuites de données ont été documentées, transformant ces citoyens respectueux de la loi en cibles potentielles.
À chaque fois, la mécanique est identique. L’État impose la déclaration et centralise l’information. La sécurité des systèmes est insuffisante ou contournée. Les données circulent, légalement ou non. Et ce sont les individus identifiés comme “détenant de la valeur” ou un bien convoité qui deviennent des proies. Dans un monde où un simple mot de passe, une clé privée ou une phrase de récupération peut représenter des centaines de milliers, voire des millions d’euros, la frontière entre cybercriminalité et criminalité physique disparaît.
Ce basculement explique pourquoi les profils visés se diversifient rapidement. Jamais les personnalités n’ont été autant ciblées : youtubeurs affichant leur réussite, dirigeants d’entreprises, entrepreneurs du numérique, investisseurs, détenteurs de crypto-actifs, mais aussi collectionneurs de bijoux, détenteurs d’informations sensibles ou de secrets industriels.
Le but n’est plus seulement de voler, mais d’obtenir un accès : accès à un compte, à un wallet, à une base de données, à une réserve de valeur la plus liquide possible.
Dans ce contexte, la réponse ne peut plus se limiter à des alarmes ou à des solutions purement numériques. La sécurité redevient globale, intégrant l’humain, l’environnement et le domicile.
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À l’heure où la valeur se dématérialise mais où la violence reste profondément tangible, ignorer le risque n’est plus une option. Pour les personnalités exposées, les dirigeants, les créateurs de contenu, les détenteurs de crypto-actifs ou de patrimoines sensibles, anticiper devient un acte de responsabilité. Un audit de sécurité sérieux et des solutions de protection physique adaptées ne relèvent plus du luxe, mais d’une nécessité.
Sources
- Ministère de l’Intérieur – Interstats, bilans annuels de la délinquance
- Autorité des marchés financiers (AMF) – Les Français et les crypto-actifs
- ADAN – Baromètre de l’adoption des crypto-actifs
- CNIL – Rapports annuels et violations de données personnelles
- Europol – Internet Organised Crime Threat Assessment (IOCTA)
- Le Monde – Enquêtes et articles sur les crypto-actifs et les violences associées
- Les Échos – Criminalité financière, sécurité et cryptomonnaies
- Franceinfo – Faits divers et enquêtes sur les violences ciblées
- The New York Times – Crypto-related kidnappings and extortion cases


